Tout est bon dans le cochon ?

Tentation de Saint Antoine - El Bosco

Tentation de Saint Antoine - El Bosco - 1490


Romantique un pied de cochon ? Si on remonte le temps et qu’on se plonge dans la Lorraine moyenâgeuse, le doute n’est plus permis !

Quelques jours avant les fêtes de Noël, à l’occasion de l’abattage du cochon, les jouvenceaux en vue se voyaient offrir par leurs admiratrices un pied de cochon minutieusement enrubanné et déposé sur un lit de laurier ! Un cadeau qu’on ne refuse pas… Toutefois, gare aux soupirants recevant la queue tire-bouchonnée entourée de cornichons, offrande permettant de repousser des avances indésirables !

L’homme domestique le cochon vers le VIIème avant J.C, bien après les ovins et les bovins car le cochon est incapable de transhumer donc de suivre des groupes de nomades. Une fois sédentarisé, l’homme le domestique et tire facilement profit de son élevage : sa chair le nourrit, sa graisse l’éclaire, sa peau l’habille, ses soies servent de pinceaux, ses tendons se transforment en cordes de musique. Bref, tout est bon dans le cochon !

Le porc sera ensuite très apprécié par les grecs et les romains. D’ailleurs les romains aux palais raffinés ne peuvent résister à une vulve de truie farcie, recette mise noir sur blanc par Apicius, grand Chef de l’Antiquité ! Oui, vraiment tout est bon dans le cochon !

Animal vivant dans la boue ou la saleté, se nourrissant de déchets ou encore d’excréments humains à une époque où les toilettes modernes n’existent pas – et très souvent stigmatisé comme porteur de maladies comme le ténia (voire la grippe porcine ;-)) – le cochon est un véritable charognard.  Au vu de ses préjugés, la consommation de cette viande est interdite par les religions juive et musulmane. Il l’était également à l’origine par la religion chrétienne jusqu’à ce que naisse un culte à Saint Antoine, un ermite mort en 356, qui aurait eu pour compagnon un cochon. Pour la France médiévale, le porc est avant tout un véritable omnivore, facile à nourrir et  très prolifique. Sa simplicité d’élevage a fait de cet animal le plus consommé, devant le mouton et le bœuf.

De cette époque, il reste une grande richesse culinaire dont les fameux pieds de porc à la Sainte-Ménehould. Servis panés, ils deviennent de nobles morceaux sur les tables champenoises. Comme bien souvent, la recette est découverte par un marmiton étourdi : oubliant d’éteindre les braises sous une marmite remplie de pieds de porcs, il découvre à l’aube une chaire fondante à tomber par terre. Cette bourde lui inspire une nouvelle recette qu’il s’empresse de mettre au point. Il cuit, recuit des pieds de porc puis les enrobe de chapelure avant de les faire griller et de les accompagner avec une purée de pois cassés !

Cette recette dépassera les frontières de la Champagne en devenant, entre autre, le péché mignon de Charles VII. Plus tard, selon la légende, Louis XVI fera des pieds de porc à la Sainte-Ménehould son dernier repas de roi, juste avant son arrestation à Varennes !

OUI, vraiment, tout est bon dans le cochon !

Source : Hors-série Historia, La cuisine gourmande d’autrefois


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Kennedy, un beignet à la framboise ?

Allocution de J.F.Kennedy - 26 juin 1963

Allocution de J.F.Kennedy - 26 juin 1963


26 Juin 1963 – Berlin Ouest

John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des Etats-Unis, en visite pour le 15ème anniversaire du blocus de Berlin, s’apprête à prononcer l’un des discours les plus importants de sa carrière. Dans le triste contexte de la guerre froide, il souhaite apporter son soutien moral et celui des américains à tous les berlinois de l’Ouest enclavés à l’intérieur de territoires communistes et craignant une occupation de l’Allemagne de l’Est. Un mur scinde déjà la ville en deux depuis presque deux ans.

Perché sur le balcon de la mairie de Schöneberg, John clame :

- Il y a 2000 ans, la phrase la plus glorieuse était civis romanus sum (Je suis citoyen romain). Aujourd’hui, dans le monde de la liberté, la phrase la plus glorieuse est Ich bin ein Berliner (Je suis berlinois)… Tous les hommes libres, quel que soit l’endroit où ils vivent, sont des citoyens de Berlin, et, en tant qu’homme libre, je suis fier des mots : Ich bin ein Berliner (Je suis berlinois) !

Excellent discours mais apparemment John ne maîtrise pas l’allemand ! Effectivement, une phrase ne va pas cesser de diviser les linguistes : Ich bin ein Berliner. Par cette phrase, je suis berlinois, John veut signifier qu’il se sent solidaire du peuple allemand et plus spécifiquement des berlinois payant le lourd tribu de la guerre froide. Mais par un ein de trop, John commet une erreur grammaticale. Pire encore, cette erreur pourrait changer complètement le sens de cette phrase et ne pas délivrer tout à fait le même message… En effet, un berliner est également une pâtisserie austro-allemande connue sous le nom français de boule de Berlin ! Une boule de Berlin est une sorte de beignet souvent fourré à la confiture de framboise et recouvert de sucre (histoire de s’en lécher les doigts ;-)). En clamant Ich bin ein berliner, John vient donc de se qualifier de beignet fourré à la confiture de framboise… Alléchante et surprenante comparaison !

La gaffe fait glousser et surtout fait vendre. Cette phrase est reprise en masse par de nombreux médias anglophones : New York Times, The Guardian, BBC,…. En réalité, tout le monde a compris le sens exact de cette phrase mais sourire ne permet-il  pas de passer des moments difficiles plus facilement ?

Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu’ils viennent à Berlin ! Il y en a qui disent qu’en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes. Qu’ils viennent à Berlin ! Lass sie nach Berlin kommen (Qu’ils viennent à Berlin) ! Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant, nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir. (…) Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l’histoire mais encore une offense à l’humanité. (…) Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de Berlin. C’est pourquoi, en tant qu’homme libre, je suis fier de dire : Ich bin ein Berliner ! (Je suis un Berlinois).

Extrait de l’allocution de John Fitzgerald Kennedy du 26 Juin 1963 – Berlin Ouest


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Le code de César

Jules César

Jules César


Le destin de Jules César est exceptionnel ! Il marque à jamais le monde romain et plus largement l’Histoire. Ambitieux, brillant, réformateur, démagogue, stratège et tacticien habile, il repousse les frontières romaines jusqu’au Rhin et à l’Océan Atlantique en conquérant la Gaule avant de se faire élire Dictateur à vie !

Mais aurait-il réussi son entreprise militaire sans maîtriser ses communications ? Certainement pas ! A l’époque, la méthode courante pour communiquer de façon discrète s’appelle la stéganographie : l’art de dissimuler un secret ou encore faire passer inaperçu un message dans un autre message. Pour la pratiquer, plusieurs solutions : on cache un message à l’intérieur d’une flèche, on écrit avec une encre invisible, mais l’inconvénient majeur est que dès que le subterfuge est découvert, le message est lisible par tous… et  ce qui devait rester secret ne l’est plus vraiment…

La stéganographie n’est pas la solution pour Jules César. Mais alors comment communiquer un message à une légion distante sans qu’une division adverse ne le découvre ?

Alors que Jules marche vers un camp retranché commandé par Cicéron et encerclé par les gaulois, il souhaite annoncer son arrivée afin de remonter le moral de ses troupes en leur envoyant un message. Il roule alors un papier autour d’un javelot et le lance au-dessus de la palissade du camp. Mais Jules a la crainte que si le javelot ne passe pas la palissade, il pourrait tomber dans les mains de l’ennemi et supprimer ainsi l’effet de surprise. Il décide alors de coder ce message. Le message est écrit en latin mais chaque lettre est remplacée par une lettre grecque selon une table de correspondance. Du coup, qu’on parle latin ou grecque, on y comprend rien ! Cicéron reçoit le message, le décode et retrouve enfin l’espoir.

Dans ses communications, Jules va beaucoup user de cette méthode de substitution pour coder ses communications. L’Histoire le retient comme étant le premier utilisateur de la cryptographie, l’art de coder ses messages. Il va d’ailleurs couramment les coder en remplaçant chaque lettre d’un texte par la troisième suivante dans l’alphabet (un a devient un d, un b devient un e,…). Cette méthode de substitution permet de cacher de façon sûre un message, de nombreuses possibilités doivent être testées avant de mettre la main sur la clé de cryptage ! Cependant, cette méthode a sa faille. Une analyse des fréquences des apparitions des lettres permet de retrouver les symboles représentant un e, un s ou encore un a, lettres plus courantes en langue française qu’un z !

Uhqgrqv d Fhvdu fh txl dssduwlhqw d Fhvdu !

Rendons à César ce qui appartient à César !

Source : Laurent Joffrin, La Grande Histoire Des Codes Secrets


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Le violon de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Jean Auguste Dominique Ingres, La Grande Odalisque, 1814

Jean Auguste Dominique Ingres, La Grande Odalisque, 1814


Jouer de la batterie à ses temps perdus, c’est avoir un violon d’Ingres. Mais quel est le rapport entre le ramdam qu’on peut causer à ses voisins et le violon de Monsieur Ingres ?

Jean-Auguste-Dominique Ingres est un célèbre peintre du XIX siècle qui s’est exprimé sur trois genres : la peinture d’Histoire, les portraits et les nus féminins.

Sa carrière de peintre ne tient rien du hasard, il a été très vite baigné dans le monde artistique. Poussé par son père, Jean-Marie-Joseph Ingres, peintre et sculpteur, il entre à l’Académie de Toulouse à l’âge de 11 ans. Puis à 16 ans, il quitte sa province pour Paris et rentre sous la direction de David. Son curriculum vitae est impressionnant, il est rythmé par de grandes œuvres telles que “La Grande Odalisque“, “L’Apothéose d’Homère” ou encore “Le Bain turc“.

Mais entre deux commandes de peintures, Ingres en profite pour laisser libre cours à sa passion : le violon ! Et du violon, Ingres en joue plutôt bien. C’est un fou de musique ; il aime par-dessus tout Haydn, Mozart, Beethoven ou encore Glück

Ainsi Ingres nous laisse en héritage un bon nombre de tableaux mais également une expression convenant à toute personne se consacrant à une passion avec désintéressement et talent.


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La Venus de Milo


Venus de Milo

Venus de Milo

Mais d’où nous vient cette œuvre ? Qui l’a réalisée ? Milo ? Non… Et surtout, pourquoi a-t-elle été amputée de ses deux bras …?

Une belle journée de printemps de 1820, Yorgos Kentrotas, un paysan, cherche à bâtir un mur autour de son champ. Ce paysan vit à Milo, une île grecque sur la mer Egée appartenant à l’archipel des Cyclades. Alors qu’il creuse pour construire les fondations de son mur, il fait une étonnante, invraisemblable et exceptionnelle découverte : le visage d’une femme sculptée dans le marbre. Il décide de continuer à creuser et sort de terre, à la sueur de son front, une femme au buste nu. Yorgos vient de mettre à jour une œuvre datant de la fin de l’époque hellénistique (130-100 av. J.-C).

Mais que représente cette œuvre ? Un visage aux traits fins et réguliers, des cheveux soigneusement arrangés, aucune rondeur apparente, une souplesse et un naturel dans son déhanchement… Tout laisse croire qu’il s’agit bien d’une représentation d’Aphrodite (Vénus en mythologie romaine), déesse de l’amour, tant ses traits débordent de féminité et de sensualité.

Mais où sont passés ses bras ? Elle a été retrouvée en deux blocs et a été assemblée selon la technique des pièces rapportées : les jambes, une première partie, et un second bloc pour le buste et la tête. Le bras gauche était une autre pièce rapportée et le bras droit une partie intégrante du bloc du haut du corps. On imagine que son bras droit descendait jusqu’à ses hanches, retenant, in extremis, sa draperie mais on pense également qu’elle était appuyée sur un pilier ou accoudée sur l’épaule d’Arès, dieu de la guerre mais aussi son amant !


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Saint-Anne – Nicolazic : la rencontre saintannoise

Nicolazic et Sainte-Anne

Nicolazic et Sainte-Anne


Le XVIIème siècle breton est marqué par une grande vague mystique ! Le Protestantisme fait rage et le clergé tente de contrer les doctrines hérétiques. C’est dans ce contexte que naît l’histoire d’une rencontre singulière entre Yves Nicolazic et Sainte-Anne, mère de Marie, tout près d’Auray.

Un soir de juillet de 1624, Yves Nicolazic, simple paysan, illettré, légèrement ivrogne mais bon travailleur s’en va se confesser comme tout bon chrétien à l’église Saint-Gildas d’Auray. Sur le chemin de retour, vers son village de Keranna, il récite son chapelet comme à son habitude. Mais sans prévenir, alors qu’il traversait un de ses champs, une apparition fait face à lui. Une personne d’allure féminine, tenant un cierge à la main et aux vêtements resplendissants, l’appelle par son prénom ! Nicolazic prend peur. Une illusion ! Le diable… Il se hâte de rentrer chez lui pour s’enfermer et oublier au plus vite de cette histoire.

Mais la nuit suivante, alors qu’il faisait des heures sup’ dans ce même champ, l’apparition ressurgit ! Et ainsi plusieurs soirs de suite, toujours à la tombée de la nuit… Yves Nicolazic se demande ce qu’il lui arrive : « Suis-je ensorcelé ? Suis-je devenu fou ? ». Il ne veut confier à personne ces visions insolites. Trop de honte ! Il préfère multiplier ses prières à l’aide. Mais rien n’y fait.

Le 25 juillet, la dame réapparait et lui dit : « Yves Nicolazic, n’aie point peur. Je suis Anne, la mère de Marie. Va dire à ton recteur qu’il y avait autrefois dans le champ du Bocenno, avant que même soit construit ce village, une chapelle élevée à mon honneur dans ce pays. Il y a neuf cent vingt quatre ans et six mois qu’elle a été détruite, et mon désir est qu’elle soit relevée dès que ce sera possible. Dieu veut que je sois honorée en cet endroit » puis elle disparaît. Cette apparition le laisse pantois !

Désormais, il ne peut plus garder ce secret. Mais à qui parler ? Certainement pas à son recteur qui le tournera en ridicule. Il décide alors de se confier à un capucin d’Auray. Comme il le redoutait, il ne le croit pas et le prend pour un fou, un ivrogne et ne se gène pour le lui faire savoir… Conscient de l’importance du message d’Anne, il décide d’amener des témoins sur le lieu des apparitions… mais rien… Tout le village commence par le prendre pour un détraqué et refuse de plus en plus à le fréquenter.

Le temps passe jusqu’à la nuit du 7 mars 1625. Nicolazic est réveillé en pleine nuit par un bruit particulier et il est conduit au champ du Bocenno par une étrange lumière qui disparaît soudainement dans le sol. Etrange ! Assez énigmatique pour vouloir creuser à l’aide de compagnons à l’endroit où s’est précipitée la lumière. Ils creusent, creusent, jusqu’à faire une découverte ahurissante. Nicolazic et ses compagnons sont ébahis, estomaqués, tremblants. Ils ont mis à jour une statue féminine en bois.

Ces visions étaient bien réelles… Cette statue est identifiée comme étant celle de Sainte Anne. Le veux de la sainte sera réalisé, un sanctuaire sera érigé à son honneur et deviendra un lieu de pèlerinage parmi les plus importants de France !

Mais de nombreuses interrogations planent encore sur ces révélations. Les capucins datent cette statue de 701 (très exactement). A sa découverte, elle est jugée informe et d’un travail très grossier par les premiers témoins. Elle est alors retravaillée par les capucins pour lui donner un look plus chrétien. De plus, la statue est identifiée comme étant une représentation de Sainte-Anne par les seuls dires de Nicolazic. On peut alors se demander s’il ne s’agit pas d’une Venus ou d’une quelconque figure gallo romaine comme on en a tant trouvé sur le territoire breton ! Aucune possibilité de continuer l’investigation, la statue a été brulée pendant la Révolution. Un autre fait intriguant est que le culte à Sainte-Anne n’est apparu en Occident qu’au XIVème siècle. On peut ainsi mettre en doute l’existence d’une ancienne chapelle dédiée à Sainte-Anne datant du VIIIème siècle sur l’emplacement actuel du sanctuaire. Quant à la statue, ne serait elle pas une représentation d’une déesse mère de l’époque celtique ? Anna, Dana, Anu ou encore Dôn comme on le retrouve dans de nombreux textes mythologiques en Irlande comme aux Pays de Galles… Qui sait ? L’Histoire a ses secrets.


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My Baby Just Cares for Me, un tube à retardement

Nina Simone dans les années 60

Nina Simone dans les années 60


My baby just cares for me est certainement l’un des titres les plus connus de Nina Simone. Ce titre a été enregistré en 1958 mais n’est devenu un tube qu’en 1987. Que de temps !

Née en 1933, Eunice Kathleen Waymon grandit dans une famille modeste très croyante.  Très vite, elle se fait remarquer au piano de l’église de son quartier. Soutenue par son entourage, elle étudie le piano avec sérieux et rigueur en s’entourant de professeurs reconnus.

Adolescente, Eunice a une ambition : devenir la première concertiste classique noire américaine. Pour cela, elle doit intégrer le prestigieux Curtis Institute mais la ségrégation raciale joue contre ses ambitions. Envie de se changer les idées ou juste pour gagner un peu d’argent, elle décide  alors de se produire dans les clubs d’Atlantic City dans un tout autre registre musical, le jazz. Mais quelle activité honteuse pour sa famille ! Elle décide alors de prendre un nom de scène pour se faire plus discrète. Ce sera Nina Simone, Nina, un surnom que lui avait donné un précédent amant et Simone en référence à son actrice préférée, Simone de Signoret. Ses débuts ne sont pas un grand succès mais peu à peu, elle sait imposer son style jusqu’à envouter littéralement son public.

En 1958, elle sort son premier album, Jazz As Played in an Exclusive Side Street Club, de cet album émerge un premier tube I love you proggy, il est vendu à plus d’un million d’exemplaires. Mais Nina Simone ne soupçonne pas qu’un autre tube sommeille dans cet album. Elle le découvrira un peu plus tard…

Vingt neuf ans plus tard, Channel réalise un clip promotionnel à l’effigie de son produit phare : Channel N°5. Carole Bouquet, ambassadrice de la marque, est choisie pour tenir le rôle principale de la publicité et évolue sous la voix envoutante de Nina chantant My baby just cares for me. A partir de là, c’est la consécration pour ce titre ! L’engouement est tel qu’on assiste à une réédition de son premier album.

Nina Simone ne deviendra pas la première concertiste classique noire américaine mais restera à jamais une grande icône du jazz !



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Si c’est la rentrée, c’est la faute à Charlemagne !

Charlemagne, entouré des ses principaux officiers, reçoit Alcuin qui lui présente des manuscrits, ouvrage de ses moines.

Charlemagne, entouré des ses principaux officiers, reçoit Alcuin qui lui présente des manuscrits, ouvrage de ses moines.


En ces temps de rentrée, on ne peut qu’en vouloir à Charlemagne. Il aurait inventé l’école… Et bien non ! Ce n’est pas un scoop, il existe des écoles depuis l’Antiquité. Mais pourquoi la légende a-t-elle la dent dure ?

Plongeons-nous au VIIIème siècle, un certain Pépin Le Bref, roi des Francs, et une fameuse Berthe (au grand pied) donnent naissance à un petit Charles un 2 avril 742. A la mort de son père, il devient tout naturellement roi en 768 puis empereur d’Occident en 800.

Durant son enfance, il ne reçoit qu’une éducation médiocre. Ses maigres connaissances le frustrent toute sa vie d’adulte. Cependant, il reste curieux, et dès qu’il a cinq minutes il en profite pour aiguiser sa curiosité en mathématiques, en littérature, en astronomie… Il apprend à lire, écrire et parler le latin.

Au fil de ses campagnes militaires, son royaume et plus tard son empire grandissent à vue d’œil ! Il a donc besoin d’administrateurs éclairés pour mettre en application ses décisions politiques et  de prêtres instruits pour expliquer les Saintes Ecritures à tous ses sujets. Le problème est que depuis les invasions barbares, l’instruction n’est plus une priorité. Seuls quelques monastères dispensent encore un enseignement aux apprentis moines. Les clercs sont devenus incompétents… Charlemagne peine à trouver des collaborateurs dignes de ce nom. Triste constat… Exaspéré face à cet abrutissement général, il décide de frapper un grand coup et dote les cathédrales et les abbayes d’écoles. Il espère ainsi populariser l’instruction. Cette décision reste d’abord sans écho mais déterminé il réitère ses appels.

A la fin de son règne, les premiers effets de sa politique se font sentir. Cette démarche encourage un véritable souffle culturel et scientifique, la renaissance carolingienne. Cette ébullition donnera naissance à la minuscule caroline, ronde et régulière mais surtout ancêtre de notre minuscule d’imprimerie ! Elle permet d’économiser à la fois le travail du copiste et le parchemin.

Ah Sacré Charlemagne

Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison.

Victor Hugo

A visiter : http://expositions.bnf.fr/


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La pizza Margherita

Marguerite de Savoie

Marguerite de Savoie


La pizza Margherita est certainement l’un des classiques les plus connus de la gastronomie italienne. Mais pourquoi ?

Plongeons nous au XIXème siècle. La princesse Marguerite de Savoie se marie avec Humbert Ier, son cousin germain. Le jeune Humbert se fait couronner roi d’Italie en 1878 et se fait appeler Humbert Ier d’Italie. Ce choix n’est pas un caprice, c’est un coup politique ! En choisissant ce suffixe, il souhaite rattacher l’unification récente de l’Italie à son nom. Quant à elle, elle est très aimée du peuple, se révèle être une excellente protectrice des arts et de lettres, fonde diverses sociétés culturelles et est une importante bienfaitrice de plusieurs entreprises caritatives telle que la Croix Rouge.

Soucieux de l’unification de son royaume, le couple royal part régulièrement en tournée d’inspection dans chaque province. En 1889, de passage à Naples, elle découvre un plat intriguant, la pizza. En Italie, la pizza est encore très liée au métier du boulanger. Il s’en sert pour contrôler la bonne température du four avant d’enfourner le pain ou encore pour enlever les dernières braises du foyer mais elle finit souvent dans l’assiette du boulanger à défaut d’autre chose !  Véritable plat du petit peuple, vendue à la part dans la rue ou servie sur un plateau en étain, elle acquiert vite la réputation de coupe-faim bon marché. Marguerite en raffole… Mais une reine qui se délecte en engloutissant un plat du peuple, scandale, oh scandale !

Marguerite apporte peu de crédit à ses critiques. Elle fait venir le chef-cuisiner, Raffaele Esposito, au palais royal :
- Raffaele Esposito, pouvez-vous me mitonner quelques pizzas pour mon plaisir personnel ?
- Euh, oui, bien sûr, Ma Majestée, ce n’est pas très compliqué,… mais avez-vous réfléchi aux critiques de votre entourage, une personne de votre condition mangeant une pizza ! Un tel contraste !
- Je n’ai que faire des critiques. A vous d’innover si cela vous choque.

Raffaele prend la direction des cuisines royales en se posant continuellement la même question. Mais comment satisfaire les plaisirs gustatifs de la reine tout en ne se rabaissant pas à une simple pizza… ? C’est alors qu’en franchissant le seuil de la cuisine royale lui vient une idée : innover dans la garniture pour en retirer un symbole ! C’est ainsi qu’il va badigeonner de sauce tomate la pâte puis y appose des tranches de mozzarella au lait de bufflonne pour l’auréoler de feuilles de basilic. Trois couleurs se dégagent : le rouge, le blanc et le vert… couleurs emblématiques de l’Italie encore fraîchement unifiée. La reine adore, très aimée du peuple, il la suit et ainsi est né l’engouement mondial pour la pizza italienne.

A quand la pizza Margherita sur la coté pile des pièces de monnaie italienne ?


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Berthe aux grands pieds ou au grand pied ?

Berthe au grand pied

Berthe au grand pied


Berthe aux grands pieds ou au grand pied ? Bonne question !

Berthe est née en 720 à Laon. Dès sa naissance, elle possède une malformation au niveau d’un pied, un pied bot, une déformation congénitale. Mais cette malformation ne la rend pas laide pour autant… et elle reste plutôt coquette…

A ses 20 ans, elle conquit le cœur de Pépin Le Bref par son charme et sa culture. Il en fait sa maîtresse en 741 alors que les deux amants sont déjà mariés chacun de leur coté. Le Cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas… Pépin quitte sa femme, envoie ses cinq enfants dans un monastère et refait sa vie en se remariant avec Berthe.

Ce qu’il ne faut pas oublier c’est que Pépin a une soif d’ambition et il rêve de devenir le roi des Francs. Cependant, il n’est que maire de palais (une sorte de préfet)… Heureusement, Berthe est la fille de Caribert, Compte de Laon. Joker ! Il comprend vite qu’un mariage avec Berthe peut lui assurer de solides alliances.

Ils seront donc couronnés Roi et Reine en 751 et de cette relation, naîtront six enfants dont un certain Charles…. Charlemagne…

Maintenant, pourquoi l’Histoire a retenu Berthe au Grand Pied plutôt que Berthe au Petit Pied,…

Avec patience et crachat on fait entrer un pépin de calebasse dans le derrière d’un moustique !
(proverbe créole)


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